Héritages
On ne connait pas vraiment ceux avec qui on vit
De la machine à écrire à la saga familiale : l’histoire d’une quête de trente ans.
Il y a trente ans, j’ai perdu mon grand-père. Les sept dernières années de sa vie, la maladie avait changé son caractère. Pour moi, il était cet homme-là. Mais en discutant avec ma grand-mère après son départ, j’ai reçu un choc : elle me parlait d’un homme que je ne connaissais pas
C’est à ce moment précis que j’ai ouvert les yeux sur une réalité vertigineuse : on vit à côté de gens que l’on pense connaître, mais on ne sait presque rien d’eux. On ignore leur passé, leurs peurs, leurs blessures, leurs rêves les plus fous. J’ai regardé ma grand-mère, et j’ai réalisé que je ne la connaissais pas vraiment non plus.
Alors, j’ai décidé d’agir. Pendant un an, je l’ai interviewée, je l’ai enregistrée. De ces heures de confidence est né un livre, tapé mot à mot à la machine à écrire.
À la même époque, une soif de comprendre m’a poussée à me lancer dans ma généalogie. C’était le temps d’avant le numérique. Je me suis déplacée de mairies en archives, allant même avec mes parents jusqu’aux archives mormones de Cholet pour dénicher des documents précieux.
Puis, la vie a repris son cours. Le manuscrit tapé à la machine et les liasses de recherches généalogiques ont été rangés dans un placard. Ils y sont restés vingt ans.
Le réveil de la mémoire
Il y a quatre ans, je suis retombée sur ce placard. Entre-temps, le monde avait changé, internet rendait l’accès à l’histoire plus fluide. J’ai repris les recherches, j’ai complété mon arbre, mais je ne voulais pas m’arrêter à une simple liste de noms et de dates de décès. Je voulais de la vie.
J’ai rassemblé tous les documents du côté paternel, cette lignée ancrée à Cholet, et j’ai commencé à écrire leur histoire. Pour que mes enfants sachent enfin d’où ils viennent. Pour qu’ils mesurent ce que leurs ancêtres ont traversé et surmonté. Ce récit est devenu le premier tome de ma saga familiale.
Pour le deuxième tome, j’ai repris ce précieux manuscrit de ma grand-mère, lui offrant la vie qu’il méritait. Tout naturellement, le troisième tome est né en posant des milliers de questions à mes propres parents, capturant leur mémoire de leur vivant. Et le quatrième… le quatrième est revenu vers moi. Mon enfance, mon adolescence, mes propres jalons.
Pourquoi je vous raconte cela…
Chaque livre que j’écris aujourd’hui trouve sa source dans ce placard resté fermé pendant vingt ans. Notre histoire familiale est notre architecture invisible. Si nous ne la fixons pas dans l’encre, elle s’efface.
À travers l’univers « Héritages », je veux vous donner l’élan, les outils et l’inspiration pour que vous aussi, vous alliez poser des questions, fouiller les placards, et réclamer la mémoire de votre lignée. Pour que rien ne se perde. Pour que tout se transmette.

Le point de bascule : de l’Histoire à l’Introspection
C’est en écrivant ces histoires que l’inexplicable s’est invité. Au fil des pages, j’ai ressenti des résonances profondes, des échos de vies qui n’étaient pas la mienne, mais qui vibraient avec force en moi. Des peurs, des forces ou des schémas qui traversaient le temps.
Pour le troisième tome, j’ai ressenti le besoin viscéral de changer de méthode : j’ai commencé à écrire à deux voix. La voix de mes parents, et la mienne, en miroir.
C’est là que tout a basculé. Sans l’avoir planifié, tout naturellement, l’écriture est devenue mon plus puissant outil de travail sur moi. En mettant des mots sur leur vécu, j’éclairais mes propres zones d’ombre. En libérant leur histoire, je prenais conscience de ma propre puissance.
Le lien entre Héritages et Se Choisir
C’est précisément à cet endroit que mes deux univers se rencontrent et fusionnent. On ne peut pas « Se choisir » en conscience si l’on ignore d’où l’on vient. Explorer ses « Héritages », ce n’est pas rester figé dans le passé, c’est aller y puiser les clés de sa compréhension pour opérer sa propre transformation.
L’écriture a été mon pont entre la psychologie et la spiritualité. Elle m’a permis de me comprendre, de me réparer et de me relever. Aujourd’hui, c’est ce cheminement que je souhaite vous partager.




Une précision importante : La saga familiale en quatre tomes que je viens de vous raconter est mon jardin secret. Ces livres ne sont pas à vendre. Ils sont le témoignage vivant de ma propre lignée, imprimés uniquement pour mes enfants et mes proches.
Si je vous partage cette aventure, c’est pour vous montrer le chemin. C’est la preuve par l’exemple qu’il est possible de réclamer sa mémoire, de panser ses blessures par l’écriture et de se choisir. C’est une étincelle pour vous donner, à votre tour, l’envie de fouiller vos placards.
Le Livre de Recettes
Une quête familiale pour rassembler les saveurs et les souvenirs de nos mères et grands-mères.
S’il y a un endroit où la mémoire des générations passées vibre de manière universelle, c’est bien autour d’une table. Les odeurs d’une cuisine, le coup de main secret pour réussir une sauce, le gâteau qui marquait les dimanches d’enfance… Tout cela fait partie de notre patrimoine émotionnel.
Après avoir terminé l’histoire de mes lignées, j’ai voulu capturer cet héritage-là : celui des papilles.
Je me suis lancée dans une nouvelle quête. J’ai contacté ma famille, cherché partout, fouillé les tiroirs de chacun pour rassembler ces recettes de grand-mère éparpillées, griffonnées sur des bouts de papiers jaunis ou conservées uniquement dans les mémoires.
Plus qu’un carnet de cuisine : un pont entre les générations
De cette recherche minutieuse est né un véritable livre de cuisine. J’ai rassemblé, testé et mis en page ces trésors culinaires pour qu’ils ne s’effacent jamais.
Je l’ai conçu pour qu’il rejoigne la cuisine des enfants et petits enfants de la famille, qu’il inspire leurs repas de famille et qu’il leur donne, peut-être, le goût de noter à leur tour les recettes qui leur auront plu. Car transmettre la mémoire, cela passe aussi par les gestes simples et l’amour que l’on met dans une assiette.
